Comment devenir Brancardier ?
En bref
- Salaire : 22k à 30k € brut/an en France (2026)
- Niveau d'études : CAP à Bac (0 à 1 an)
- Domaine : Santé & Paramédical
- Conditions d'exercice : Contact humain / Terrain
- Code ROME : J1206
Le brancardier hospitalier est un professionnel de santé indispensable au bon fonctionnement des hôpitaux et cliniques. À l'hôpital ou dans une clinique, il transporte les patients (adultes, enfants, personnes âgées) entre leurs chambres et les différents services : bloc opératoire, imagerie médicale (radiologie, IRM, scanner), services d'urgences, consultations, réanimation, morgue. Véritable maillon humain de la chaîne des soins, il est souvent le premier contact physique que le patient a avec l'institution hospitalière lors de son admission, et le dernier lors de son départ. Son rôle dépasse largement le simple transport : il apporte réconfort, écoute et soutien aux patients anxieux, douloureux ou en fin de vie.
En 2026, le métier de brancardier fait partie des professions en tension dans les établissements de santé français. Selon la DREES et la FHF (Fédération Hospitalière de France), les CHU et hôpitaux recrutent régulièrement des brancardiers dans un contexte de hausse de l'activité hospitalière (vieillissement de la population, augmentation des actes d'imagerie et de chirurgie ambulatoire). Le code ROME associé est J1206 — Personnel polyvalent des services hospitaliers. Les profils titulaires du titre RNCP Brancardier ou du Bac Pro ASSP (Accompagnement, Soins et Services à la Personne) trouvent un poste en CDI ou en titulaire de la fonction publique hospitalière dans les 3 mois suivant leur formation.
Au quotidien, le brancardier alterne entre la prise en charge de 15 à 30 patients par jour (transports inter-services), la vérification de l'identité du patient avant chaque déplacement, l'application des précautions de transfert (position adaptée selon la pathologie, respect des drains, perfusions, sondes), la désinfection des brancards et fauteuils roulants entre chaque utilisation, et la traçabilité informatique des transports. Il travaille en équipe sous la responsabilité du cadre de santé et en collaboration étroite avec les infirmiers, aides-soignants et agents de service hospitalier. Une journée type peut démarrer à 7h avec la tournée des transferts vers le bloc opératoire, se poursuivre par des transports vers la radiologie, l'IRM ou les consultations externes, et se terminer par l'accompagnement d'un patient en fin de vie vers la chambre mortuaire.
Les environnements de travail sont principalement hospitaliers : CHU publics (AP-HP, HCL, AP-HM, CHU Bordeaux, Toulouse, Lille, Strasbourg, Nantes), centres hospitaliers régionaux et départementaux, cliniques privées (Ramsay Santé, Elsan, Vivalto, Almaviva), hôpitaux privés à but non lucratif (groupe Fondation Santé Service, FEHAP), centres de lutte contre le cancer (Institut Curie, Institut Gustave Roussy, Unicancer). Le statut dépend de l'employeur : Fonction Publique Hospitalière (catégorie C, concours d'agent des services hospitaliers qualifié) dans le public, CCN 51 FEHAP dans le privé non lucratif, CCN de l'Hospitalisation Privée (FHP) pour les cliniques privées. Les horaires sont souvent en roulement 3x8 avec astreintes de nuit, week-ends et jours fériés.
Salaire
22k - 30k € brut annuel
Niveau d'études : CAP à Bac · Durée : 0 à 1 an
Missions principales
- Transporter les patients entre les différents services de l'hôpital ou de la clinique (bloc, imagerie, urgences, consultations)
- Vérifier systématiquement l'identité du patient avant chaque déplacement selon la procédure de bracelet d'identification
- Adapter la position du patient selon sa pathologie et sa mobilité (décubitus dorsal, proclive, demi-assis)
- Respecter scrupuleusement les drains, perfusions, sondes urinaires, redons et appareillages lors des transferts
- Assurer le confort physique et moral du patient pendant le transport (couverture, oreiller, écoute, réassurance)
- Désinfecter et nettoyer les brancards, fauteuils roulants et matériel de transport entre chaque utilisation (bionettoyage)
- Renseigner les logiciels de traçabilité des transports (PTAH, Orbis, DxCare, bandeaux de brancardage)
- Participer aux transports urgents en réanimation, bloc opératoire ou imagerie en cas de détresse vitale
- Accompagner les patients en fin de vie vers la chambre mortuaire avec dignité et respect
- Appliquer les précautions standard d'hygiène et les protocoles d'isolement (BMR, Covid, immunodéprimés)
- Collaborer avec les équipes soignantes (infirmiers, aides-soignants, cadres, ASH) pour optimiser les flux
- Signaler les incidents et dysfonctionnements matériels (brancards défectueux, roues bloquées, perfusions déplacées)
Compétences requises
- Connaissance de base de l'anatomie et des principales pathologies (cardiaque, respiratoire, traumatologique)
- Techniques de manutention des personnes et gestes et postures (formation PRAP 2S obligatoire)
- Utilisation des équipements de transport : brancards, fauteuils roulants, lève-malades, verticalisateurs
- Hygiène hospitalière et bionettoyage (précautions standard, précautions complémentaires)
- Règles d'identitovigilance et vérification systématique des bracelets d'identification
- Gestes et soins d'urgence niveau 1 (AFGSU 1) et premiers secours PSC1
- Connaissance des circuits hospitaliers et de l'organisation des services
- Communication bienveillante avec des patients anxieux, algiques ou en fin de vie
- Utilisation des logiciels de traçabilité de brancardage (PTAH, Orbis)
- Respect du secret professionnel et de la dignité du patient
- Gestion des drains, perfusions et sondes (connaissances de base)
- Adaptation du transport aux patients en situation de handicap
- Capacité à travailler sous pression en situation d'urgence
Formations pour devenir Brancardier
- Titre RNCP Niveau 3 de Brancardier, délivré par l'ANFH (Association Nationale pour la Formation Permanente du personnel Hospitalier)
- Formation hospitalière interne de 7 à 12 mois (théorie + stages pratiques) dans les CHU
- Bac Pro ASSP — Accompagnement, Soins et Services à la Personne (option structure)
- CAP ATMFC — Assistant Technique en Milieux Familial et Collectif
- Accessible sans diplôme dans certains établissements avec formation interne
- Formation obligatoire : PRAP 2S (Prévention des Risques liés à l'Activité Physique Sanitaire et Sociale)
- AFGSU 1 (Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence niveau 1) obligatoire en milieu hospitalier
- Concours d'Agent des Services Hospitaliers Qualifié (catégorie C, FPH) pour accès au statut titulaire
Grille salariale détaillée
- Junior (0-2 ans) : 21 000 – 24 000 € brut/an
- Confirmé (2-5 ans) : 23 000 – 27 000 € brut/an
- Senior (5-15 ans) : 25 000 – 30 000 € brut/an
- Chef d'équipe / Brancardier référent (8+ ans) : 28 000 – 35 000 € brut/an
Avantages et inconvénients
Les plus
- Accessibilité du métier sans diplôme long (titre RNCP en 7-12 mois ou formation interne)
- Stabilité de l'emploi : fonction publique hospitalière (catégorie C, titulaire) ou CDI privé
- Sens du métier fort : contact direct avec les patients et mission de service public
- Évolution possible vers aide-soignant, infirmier ou autres métiers paramédicaux
- Passerelle idéale pour les personnes souhaitant entrer dans le monde du soin sans longues études
- Diversité des services fréquentés (bloc, urgences, imagerie, consultations)
- Formation continue financée par l'ANFH (employeur)
Les moins
- Salaire modeste tout au long de la carrière (SMIC à 2 000 € net/mois en fin de carrière)
- Conditions physiques extrêmement exigeantes : marche prolongée (10-15 km/jour), port de charges, TMS fréquents
- Horaires en roulement 3x8 avec nuits, week-ends et jours fériés (majorations mais fatigue accumulée)
- Charge émotionnelle forte : contact quotidien avec la maladie, la souffrance et la mort
- Pression mentale liée aux délais (bloc opératoire, urgences) et à la responsabilité du transport
- Exposition aux agents infectieux, BMR, produits de nettoyage et rayonnements en imagerie
- Violence verbale et parfois physique de certains patients (urgences psychiatriques, désorientés)
- Peu de reconnaissance professionnelle malgré un rôle essentiel dans la chaîne des soins
Secteurs qui recrutent
- CHU publics — AP-HP (Pitié-Salpêtrière, Bicêtre, Henri-Mondor, Necker), HCL (Edouard Herriot, Lyon Sud), AP-HM (La Timone, Nord)
- CHU régionaux — CHU Bordeaux, Toulouse, Lille, Strasbourg, Nantes, Rennes, Montpellier, Rouen
- Centres hospitaliers départementaux et régionaux (CHR, CHD)
- Cliniques privées — Ramsay Santé, Elsan, Vivalto, Almaviva Santé, Capio
- Hôpitaux privés à but non lucratif (FEHAP) — Fondation Rothschild, Hôpital Saint-Joseph, Institut Pasteur Paris
- Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC) — Institut Curie, Institut Gustave Roussy, Centre Léon Bérard, Paoli-Calmettes
- Centres de rééducation et soins de suite (SSR) — Hôpitaux de Garches, Hôpital Raymond Poincaré
- EHPAD et USLD (Unités de Soins de Longue Durée)
- Hôpitaux militaires — Hôpital d'Instruction des Armées du Val-de-Grâce, Percy, Bégin, Sainte-Anne
- Hôpitaux psychiatriques et centres hospitaliers spécialisés (CHS)
Évolution de carrière
Après 3 à 5 ans d'expérience, le brancardier peut passer le concours d'Aide-Soignant (DEAS, 10 mois de formation) et accéder à des missions de soins directs auprès des patients (26 000 à 32 000 € brut/an). Il peut aussi devenir Brancardier Référent ou Chef d'équipe brancardage (26 000 à 32 000 € brut/an), en charge de la coordination d'une équipe de 5 à 15 brancardiers et du planning des transports. Avec 10 à 15 ans d'expérience, il peut accéder au grade d'Agent des Services Hospitaliers Qualifié Principal (catégorie C+) dans la fonction publique, ou devenir Responsable du pôle brancardage d'un CHU (30 000 à 38 000 €). D'autres choisissent la reconversion vers les métiers d'ambulancier (DEA, Diplôme d'État d'Ambulancier), d'auxiliaire ambulancier, d'infirmier (IFSI après concours interne FPH) ou d'agent de stérilisation. Le passage par la voie de l'apprentissage puis la reprise d'études est courant dans ce métier qui offre de nombreuses passerelles vers les professions paramédicales.
Questions fréquentes sur le métier de Brancardier
- Quelle formation pour devenir brancardier hospitalier ?
- Plusieurs voies sont possibles : le Titre RNCP Niveau 3 de Brancardier (formation ANFH de 7 à 12 mois), un Bac Pro ASSP (Accompagnement, Soins et Services à la Personne), un CAP ATMFC, ou un recrutement direct avec formation interne au sein de l'hôpital. La formation obligatoire PRAP 2S (gestes et postures sanitaires) et AFGSU 1 (gestes d'urgence) sont systématiquement financées par l'employeur. Le concours d'Agent des Services Hospitaliers Qualifié permet d'accéder au statut de titulaire de la fonction publique hospitalière.
- Quel est le salaire d'un brancardier en 2026 ?
- En début de carrière, un brancardier gagne environ 21 000 à 24 000 € brut/an (SMIC à 1 950 € brut/mois). Un profil confirmé dans la fonction publique hospitalière atteint 23 000 à 27 000 €. En fin de carrière, avec les primes d'astreinte, de nuit et de week-end, le salaire peut atteindre 28 000 à 35 000 €. Les primes de dimanche (+45 %), de nuit (+15 à 25 %) et l'IFSE (Indemnité de Fonction) dans la FPH peuvent ajouter 200 à 500 € nets/mois.
- Peut-on devenir brancardier sans diplôme ?
- Oui, dans de nombreux établissements, il est possible d'être recruté sans diplôme préalable, avec une formation interne dispensée par l'hôpital (durée variable de quelques semaines à quelques mois). Cependant, le titre RNCP de Brancardier ou un Bac Pro ASSP sont fortement recommandés pour obtenir un CDI ou passer les concours de la fonction publique hospitalière. Les formations sont souvent financées par l'employeur dans le cadre du plan de formation.
- Le métier de brancardier est-il physiquement fatigant ?
- Oui, c'est l'un des aspects les plus difficiles. Le brancardier marche 10 à 15 km par jour, pousse des brancards et fauteuils roulants pouvant peser 100 à 200 kg (patient + matériel), et effectue des transferts physiques répétés. Les troubles musculo-squelettiques (lombalgies, tendinites d'épaule, sciatiques) sont fréquents. Les formations PRAP 2S en gestes et postures et l'équipement en aides techniques (lève-malades, verticalisateurs) sont essentiels pour préserver la santé au travail.
- Peut-on évoluer du métier de brancardier vers celui d'aide-soignant ou infirmier ?
- Oui, le brancardage est une excellente passerelle vers les métiers paramédicaux. Après 3 ans d'expérience, le brancardier peut passer le concours d'aide-soignant (DEAS, 10 mois) ou directement le concours interne d'infirmier (IFSI). La fonction publique hospitalière facilite ces reconversions avec des dispositifs de promotion professionnelle (congé formation, maintien de salaire pendant les études). De nombreux infirmiers ont débuté comme brancardiers ou agents de service hospitalier.
Métiers similaires
Références officielles
Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).
- France Travail — Fiche ROME J1206 (candidat.francetravail.fr)
- ONISEP — Brancardier (www.onisep.fr)
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