Comment devenir Actuaire ?

En bref

  • Salaire : 25k à 40k € brut/an en France (2026)
  • Niveau d'études : Bac+5 et plus (5 ans et plus)
  • Domaine : Finance & Comptabilité
  • Conditions d'exercice : Bureau / Terrain
  • Code ROME : M1403

L'actuaire est un expert en mathématiques appliquées qui modélise et évalue les risques financiers, assurantiels et démographiques pour les compagnies d'assurance, mutuelles, institutions de prévoyance, fonds de pension, banques et cabinets de conseil. Il conjugue statistique, probabilités, finance quantitative, droit des assurances et compréhension métier pour calculer les provisions techniques, tarifer les produits, piloter la solvabilité et accompagner les décisions stratégiques. Le code ROME associé est M1403 — Études et prospectives socio-économiques.

En 2026, la France compte environ 4 500 actuaires certifiés par l'Institut des Actuaires (IA), rattachés à 800 entreprises (compagnies d'assurance, mutuelles, cabinets de conseil, banques, régulateurs). Le métier est en tension forte : selon l'Institut des Actuaires et l'Apec, 300 à 400 postes sont non pourvus chaque année, et le taux d'insertion des diplômés des formations de référence (ISFA Lyon, ISUP Paris, EURIA Brest, ENSAE) atteint 98 % à 6 mois. La réglementation Solvabilité II (directive 2009/138/CE, transposée en France par l'ordonnance du 2 avril 2015) renforce la demande en expertise actuarielle. La DORA (Digital Operational Resilience Act, règlement UE 2022/2554, applicable depuis janvier 2025) et le règlement IFRS 17 (normes comptables internationales sur les contrats d'assurance, applicable depuis 2023) alimentent une forte demande en actuaires spécialisés.

Au quotidien, l'actuaire modélise les risques (mortalité, longévité, sinistres auto/habitation/santé, cyber, climat) avec des méthodes statistiques avancées : GLM (Generalized Linear Models), GAM, Random Forests, XGBoost, Machine Learning pour la tarification, modèles stochastiques Monte Carlo pour l'évaluation de provisions et le capital réglementaire. Il programme sous R, Python (pandas, scikit-learn), SAS, Prophet (logiciel actuariel spécialisé), utilise des outils dédiés comme Moody's AXIS ou Addactis IBNRS, réalise des études de Solvabilité II (SCR — Solvency Capital Requirement, ORSA — Own Risk and Solvency Assessment), produit les rapports RSR, QRT et les stress tests EIOPA.

Les environnements de travail comprennent les compagnies d'assurance (AXA, Allianz, Generali, Groupama, Crédit Agricole Assurances, MMA, Macif), les mutuelles (MAIF, MACIF, Harmonie Mutuelle, Malakoff Humanis), les cabinets de conseil spécialisés (Milliman, WTW — Willis Towers Watson, Actuelia, Addactis, Deloitte Actuariat, EY Actuarial), les banques (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole dans les filiales assurance), les régulateurs (ACPR — Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution, EIOPA). Le télétravail s'est installé durablement : 60 % des offres proposent 2-3 jours de remote selon l'Apec 2025. Paris concentre 70 % des offres, suivie de Lyon (ISFA, siège CA Assurances), Lille (GAN) et Nantes.

Salaire

25k - 40k € brut annuel

Niveau d'études : Bac+5 et plus · Durée : 5 ans et plus

Missions principales

  • Modéliser les risques financiers, assurantiels et démographiques avec méthodes statistiques et Machine Learning
  • Calculer les provisions techniques (PSAP, PRE, provision pour risques en cours, provisions mathématiques en vie)
  • Tarifer les produits d'assurance (auto, habitation, santé, prévoyance, retraite, emprunteur, cyber, climat)
  • Piloter les exigences Solvabilité II : SCR (Solvency Capital Requirement), MCR, fonds propres, capital économique
  • Réaliser les études ORSA (Own Risk and Solvency Assessment) : vision prospective de la solvabilité
  • Produire les rapports réglementaires : RSR (Regular Supervisory Report), QRT, SFCR (Solvency and Financial Condition Report)
  • Mener des stress tests (test EIOPA, test climat, cyber, pandémique) et études d'impact réglementaire
  • Appliquer la norme IFRS 17 (contrats d'assurance) : CSM, LIC, BEL, Risk Adjustment, Onerous Contracts
  • Concevoir des modèles de tarification dynamique avec Machine Learning (GLM, GAM, GBM, XGBoost, RandomForest)
  • Analyser les données sinistres, souscription, rétention pour optimiser la rentabilité technique
  • Conseiller la direction (COMEX, DG) sur la stratégie de gestion des risques, l'allocation de capital, les fusions-acquisitions
  • Participer aux comités techniques : comité produits, comité réassurance, comité ALM (Asset-Liability Management)

Compétences requises

  • Mathématiques actuarielles : théorie du risque, chaînes de Markov, processus de Poisson, modèles de survie
  • Statistiques et probabilités : GLM, GAM, modèles stochastiques, méthodes Monte Carlo, inférence bayésienne
  • Modélisation des risques : lois de mortalité TGH/TGF 05, tables d'expérience, courbes de survie, modèles CIR/HJM
  • Solvabilité II : formule standard, modèle interne, MCR/SCR, fonds propres (Tier 1/2/3), ORSA, pilier 3
  • IFRS 17 : BBA (Building Block Approach), PAA (Premium Allocation Approach), VFA (Variable Fee Approach), CSM
  • Finance quantitative : pricing d'options, arbres binomiaux, modèle Black-Scholes, duration, convexité, courbes de taux
  • Programmation R (tidyverse, ChainLadder, actuar, fitdistrplus) : langage de référence de l'actuariat
  • Python (pandas, NumPy, SciPy, scikit-learn, lifelines, PyMC) : en forte progression dans les cabinets et assureurs
  • SAS : langage historique encore très utilisé chez les grands assureurs (AXA, Allianz, Generali)
  • Logiciels actuariels spécialisés : Prophet (FIS), Moody's AXIS, Addactis IBNRS, Excelian, Milliman MG-ALFA
  • ALM (Asset-Liability Management) : adossement actifs/passifs, gap de duration, impact des taux
  • Anglais professionnel (B2/C1) obligatoire : règles IFRS, coopération internationale, publications SOA/IFoA

Formations pour devenir Actuaire

  • ISFA (Institut de Science Financière et d'Assurances) — Université Lyon 1, référence historique (Bac+5)
  • ISUP (Institut de Statistique de l'Université de Paris) — Sorbonne Université (Bac+5)
  • EURIA (Euro-Institut d'Actuariat Jean Dieudonné) — Université de Bretagne Occidentale, Brest (Bac+5)
  • ENSAE Paris (École Nationale de la Statistique et de l'Administration Économique) — filière actuariat (Bac+5)
  • DUAS (Diplôme Universitaire d'Actuaire de Strasbourg) — Université de Strasbourg (Bac+5)
  • Master Actuariat — Université Paris Dauphine, Sorbonne Université, Université Paris-Cité (Bac+5)
  • CNAM Paris — Formation d'actuariat (Bac+5), voie alternance/formation continue
  • Écoles d'ingénieur + Master Actuariat (double diplôme) : Polytechnique, CentraleSupélec, ENSIMAG, INSA Lyon
  • Diplôme d'actuaire certifié IA (Institut des Actuaires) — agrément professionnel délivré après 3 ans d'expérience
  • Certifications internationales : SOA (Society of Actuaries, USA), IFoA (Institute and Faculty of Actuaries, UK), EAA (European Actuarial Academy)

Grille salariale détaillée

  • Actuaire junior / Analyste actuariat (0-3 ans) : 42 000 – 55 000 € brut/an
  • Actuaire confirmé certifié IA (3-7 ans) : 55 000 – 75 000 € brut/an
  • Senior Actuary / Responsable actuariat (7-12 ans) : 75 000 – 110 000 € brut/an
  • Chief Actuary / Directeur technique / CRO (12+ ans) : 100 000 – 180 000 € brut/an

Avantages et inconvénients

Les plus

  • Rémunération très attractive dès le début de carrière (42-55k€ en CDI, 55-75k€ en cabinet de conseil)
  • Fort taux d'insertion (98 % à 6 mois pour les diplômés ISFA, ISUP, EURIA, ENSAE)
  • Métier en tension forte : 300-400 postes non pourvus annuellement
  • Évolution salariale rapide : doublement possible en 10 ans (Directeur actuariat 130-140k€)
  • Diversité des secteurs : assurance IARD, Vie, Santé, Réassurance, Banque, Cabinet, Régulateur
  • Télétravail développé : 60 % des offres proposent du remote (2-3j/semaine)
  • Mobilité internationale facile : diplôme reconnu par l'EAA et mobilité en UE, Luxembourg, Suisse, Royaume-Uni

Les moins

  • Formation sélective et exigeante : niveau mathématique très élevé requis (prépa MP/MPSI recommandée)
  • Veille réglementaire permanente : Solvabilité II, IFRS 17, DORA, futur Solvabilité III, climate risk, cyber risk
  • Pression lors des clôtures (QRT trimestriels, RSR annuel, SFCR) : heures supplémentaires fréquentes
  • Responsabilité technique lourde : l'actuaire certifié engage sa signature (art. L. 310-8 Code des assurances)
  • Poste souvent méconnu du grand public : difficulté à expliquer son métier en société
  • Secteur concentré : le marché est essentiellement parisien, peu d'opportunités en régions (sauf Lyon, Lille, Nantes)

Secteurs qui recrutent

  • Compagnies d'assurance IARD et Vie : AXA, Allianz, Generali, Groupama, Covéa (MAAF, MMA, GMF), Crédit Agricole Assurances
  • Mutuelles : MAIF, MACIF, Harmonie Mutuelle, Malakoff Humanis, MGEN, Matmut
  • Institutions de prévoyance : Humanis, Klesia, Audiens, AG2R La Mondiale, Ircem
  • Cabinets de conseil actuariat : Milliman, WTW (Willis Towers Watson), Addactis, Actuelia, Optimind, Forsides
  • Big Four et cabinets conseil : Deloitte Actuariat, EY Actuarial, KPMG Advisory, PwC Actuarial
  • Banques (filiales assurance et métiers quant) : BNP Paribas Cardif, Société Générale Assurances, Crédit Agricole Assurances
  • Réassureurs : SCOR, Munich Re France, Swiss Re, Hannover Re, Partner Re
  • Régulateurs et institutions : ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), Banque de France, EIOPA
  • Organismes de retraite : CNAV, Agirc-Arrco, IRCANTEC, fonds de pension privés (PER, PERCO, PERP)
  • Fintech et insurtech : Alan, Luko, Stonly, Assurly, Shift Technology, Zelros

Évolution de carrière

L'actuaire débute comme Actuaire junior ou Analyste actuariat (42 000 à 55 000 euros bruts annuels en CDI, 48 000 à 60 000 à Paris dans les grands assureurs et cabinets). Après 3 à 5 ans d'expérience et l'obtention du diplôme d'actuaire certifié de l'Institut des Actuaires, il passe Actuaire confirmé (55 000 à 75 000 euros). Avec 5 à 10 ans, les postes de Senior Actuary, Lead Actuary ou Responsable actuariat (75 000 à 100 000 euros) s'ouvrent, avec spécialisation possible : Vie, Non-Vie (IARD), Santé-Prévoyance, Réassurance, ALM, Risques (Chief Risk Officer en formation). Les profils 10+ ans atteignent Directeur actuariat, Directeur technique, Chief Actuary (90 000 à 140 000 euros) ou Chief Risk Officer (CRO, 120 000 à 180 000 euros + bonus). Les postes dirigeants (Directeur Général, CEO d'une compagnie d'assurance) peuvent dépasser 250 000 euros + stock-options dans les grands groupes (AXA, Allianz, Generali). En cabinet de conseil (Milliman, WTW, Addactis), l'évolution est très rapide : Consultant (55 000 €) → Senior Consultant (75 000) → Manager (95 000) → Senior Manager (130 000) → Associate Partner (160 000) → Partner (250 000 à 500 000 € + profit sharing). Le freelance est rare mais possible pour des missions ponctuelles (ORSA, stress tests) avec des TJM de 900 à 1 500 euros/jour.

Questions fréquentes sur le métier de Actuaire

Comment devenir actuaire en 2026 ?
Le parcours classique passe par un Bac S ou général (spécialités Mathématiques et Mathématiques expertes, Physique-Chimie), suivi d'une classe préparatoire MP/MPSI ou MP2I, puis intégration d'une des grandes écoles reconnues par l'Institut des Actuaires : ISFA Lyon (référence historique, Bac+5), ISUP Paris (Sorbonne Université), EURIA Brest, ENSAE Paris, DUAS Strasbourg, Master Actuariat de Paris Dauphine ou Sorbonne Université. L'alternative est un double diplôme École d'ingénieur (Polytechnique, CentraleSupélec, ENSIMAG, INSA Lyon) + Master Actuariat. L'obtention du diplôme d'actuaire certifié de l'Institut des Actuaires (IA) nécessite 3 ans d'expérience professionnelle après le diplôme et la validation d'un mémoire professionnel soutenu devant un jury. La formation est sélective : admission sur concours ou dossier très exigeant en mathématiques, statistiques et probabilités.
Quel est le salaire d'un actuaire en 2026 ?
En 2026, un actuaire junior (0-3 ans, diplômé ISFA/ISUP/EURIA/ENSAE) gagne entre 42 000 et 55 000 euros bruts annuels en compagnie d'assurance ou mutuelle, jusqu'à 60 000 euros en cabinet de conseil (Milliman, WTW, Deloitte). Après certification IA et 3-7 ans d'expérience, un actuaire confirmé atteint 55 000 à 75 000 euros. Un Senior Actuary ou Responsable actuariat (7-12 ans) gagne 75 000 à 110 000 euros + bonus 10-20 %. Les postes de Chief Actuary, Directeur technique, CRO (12+ ans) peuvent atteindre 100 000 à 180 000 euros, jusqu'à 250 000 € pour un Directeur Général adjoint. En cabinet de conseil, l'évolution est très rapide (Partner à 250 000-500 000 € + profit sharing). Les bonus (variable) représentent 10 à 30 % du salaire fixe dans les grands assureurs et peuvent atteindre 50 % chez les Partners de cabinets.
Quelles études pour devenir actuaire ?
L'actuariat est un métier qui exige une formation scientifique de haut niveau. Les cursus de référence reconnus par l'Institut des Actuaires en France sont : ISFA (Institut de Science Financière et d'Assurances, Université Lyon 1, référence historique depuis 1930), ISUP (Institut de Statistique de l'Université de Paris, Sorbonne Université), EURIA (Euro-Institut d'Actuariat à Brest), ENSAE Paris (filière actuariat), DUAS (Diplôme Universitaire d'Actuaire de Strasbourg), Master Actuariat de Paris Dauphine, Master Actuariat de Sorbonne Université et Université Paris-Cité, CNAM Paris (voie alternance et formation continue). Les écoles d'ingénieur généralistes (Polytechnique, CentraleSupélec, ENSIMAG, INSA Lyon, Télécom Paris) proposent des options ou double-diplômes actuariat. Le diplôme d'actuaire certifié de l'Institut des Actuaires est délivré après 3 ans d'expérience et soutenance d'un mémoire professionnel. Les certifications internationales SOA (USA) et IFoA (UK) sont reconnues pour la mobilité internationale.
Quelles évolutions possibles pour un actuaire ?
Les évolutions sont nombreuses et très rémunératrices. Verticalement en entreprise : Actuaire junior → Actuaire confirmé certifié IA → Senior Actuary → Lead Actuary → Chief Actuary → Directeur technique → Chief Risk Officer → Directeur Général. En cabinet de conseil (Milliman, WTW, Addactis, Deloitte, EY) : Consultant → Senior Consultant → Manager → Senior Manager → Associate Partner → Partner (250 000-500 000 € + profit sharing). Spécialisations possibles : actuariat Vie, Non-Vie (IARD), Santé-Prévoyance, Réassurance, ALM (Asset-Liability Management), climate risk (nouvelle spécialisation liée au NGFS), cyber risk, Data Science actuarielle. Reconversions possibles : Chief Financial Officer (CFO), Directeur des risques groupe, Régulateur à l'ACPR ou EIOPA, enseignant-chercheur en actuariat (ISFA, Paris Dauphine), expert judiciaire auprès des tribunaux, consultant indépendant (TJM 900-1 500 €/j).
L'intelligence artificielle menace-t-elle le métier d'actuaire ?
Non, l'IA transforme le métier sans le remplacer, bien au contraire. Les actuaires intègrent le Machine Learning (GLM, GBM, Random Forests, réseaux de neurones) dans leurs modèles de tarification et de provisionnement, gagnant en précision et en rapidité. Les techniques de Data Science (Gradient Boosting, XGBoost, Deep Learning) sont désormais enseignées dans toutes les formations actuarielles (ISFA, ISUP, ENSAE). Les nouveaux enjeux (climate risk avec les scénarios NGFS, cyber risk, risques pandémiques post-COVID, risques sociétaux avec IFRS 17) renforcent la demande en actuaires. Par ailleurs, la responsabilité technique et juridique de l'actuaire certifié (art. L. 310-8 Code des assurances) reste une fonction humaine, encadrée par la déontologie de l'Institut des Actuaires. La DARES et l'Apec prévoient une croissance continue de la demande jusqu'à 2030, avec un besoin structurel de 300 à 400 actuaires supplémentaires par an en France.

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Références officielles

Approfondissez avec les sources publiques françaises de référence (France Travail, ONISEP).

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