Études hôtellerie-restauration : 7 voies, écoles internationales, métiers et salaires

Le guide complet des études en hôtellerie-restauration : BTS MHR, écoles internationales (EHL, Vatel, Glion, Les Roches), Ferrandi, métiers, palaces, salaires.

L'hôtellerie-restauration en France : 1M emplois, secteur en tension

Avec plus d'un million d'emplois selon les chiffres de l'UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie), l'hôtellerie-restauration est l'un des principaux employeurs privés français. Le secteur regroupe 220 000 entreprises, du petit bistrot de quartier au palace cinq étoiles, en passant par les chaînes hôtelières internationales et la restauration collective.

Mais ce poids économique masque une réalité plus complexe : depuis le Covid, le secteur souffre d'un déficit de recrutement structurel. L'UMIH estime à 200 000 le nombre de postes non pourvus chaque année. La crise sanitaire a poussé près de 250 000 professionnels à quitter durablement le métier, attirés par d'autres secteurs aux horaires plus prévisibles. Pour les jeunes diplômés, c'est une opportunité historique : les employeurs se battent pour recruter et n'ont jamais autant valorisé les formations qualifiantes.

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont laissé un héritage important. La Ville Lumière a accueilli plus de 11 millions de visiteurs en 2024, et les palaces parisiens (Bristol, Ritz, Crillon, Plaza Athénée, Cheval Blanc, Mandarin Oriental, Four Seasons George V) ont multiplié les recrutements de jeunes diplômés. La gastronomie française, inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2010, reste un puissant moteur de soft power : la France compte aujourd'hui 639 restaurants étoilés Michelin et 30 chefs trois étoiles, un record mondial.

Côté hôtellerie, la France reste la première destination touristique mondiale avec plus de 100 millions de visiteurs internationaux par an. Le parc hôtelier français — 17 000 hôtels, dont 31 palaces officiellement classés — irrigue tous les territoires, du littoral azuréen aux stations alpines. Pour qui aime le service, les langues et le rythme intense, peu de filières offrent autant de débouchés concrets et d'opportunités à l'international.

Les 7 voies pour étudier l'hôtellerie-restauration

Contrairement aux idées reçues, l'hôtellerie-restauration ne se limite pas au CAP cuisine. Le secteur propose un éventail de formations qui couvre tous les niveaux, du bac pro au master et MBA. Voici les 7 grandes voies à connaître avant de construire ton parcours.

VoieDuréeNiveau d'accèsDébouchés types
CAP / Bac Pro Cuisine ou Restauration2 à 3 ansAprès la 3èmeCommis, second de cuisine, chef de rang
Bac STHR3 ans (2nde STHR puis 1ère/Tle)Après la 3èmeTremplin vers BTS MHR ou écoles
BTS MHR (Management Hôtellerie Restauration)2 ans post-bacBac STHR, général ou proAdjoint manager, chef de rang, cuisinier qualifié
BTS Tourisme2 ans post-bacBac général ou technoConseiller voyage, réceptionniste, chargé d'accueil
Bachelor en école d'hôtellerie3 ans post-bacBac + dossier + entretienManager de restaurant, assistant directeur d'hôtel
École hôtelière publique (Médéric, Ferrandi)2 à 5 ansBac + sélectionChef, pâtissier, manager F&B
École privée internationale (EHL, Vatel, Glion, Les Roches)3 à 5 ans (Bachelor + Master)Bac + admission + anglaisDirection d'hôtel, revenue management, hospitality

Plusieurs critères orientent ton choix : la durée d'études (2 ans en BTS contre 5 ans en grande école), le coût (gratuit dans les BTS publics et lycées hôteliers, 18 000 à 30 000 euros par an dans les écoles privées internationales), et l'objectif de carrière (technique côté cuisine et salle, ou management côté direction d'hôtel). Voir aussi notre comparatif BTS vs BUT pour comprendre les logiques de chaque voie.

Pour les profils qui hésitent encore entre filière professionnelle, technologique ou générale, le bac STHR (Sciences et Technologies de l'Hôtellerie et de la Restauration) est souvent un excellent compromis : il combine matières générales, langues, économie-gestion et enseignements technologiques (cuisine, service, hébergement) avec des stages dès la 1ère.

Les écoles d'hôtellerie internationales : EHL, Glion, Les Roches, Vatel

Les écoles privées d'hôtellerie internationale forment l'élite du hospitality management. Elles partagent une même philosophie : combiner théorie académique anglo-saxonne (business, finance, marketing, revenue management) et pratique opérationnelle (cuisine, service, accueil) avec des stages obligatoires dans des hôtels de luxe partout dans le monde. L'anglais est la langue d'enseignement principale, et les promotions accueillent souvent plus de 80 nationalités différentes.

ÉcolePays / campusCoût indicatif BachelorSpécificité
EHL (École hôtelière de Lausanne)Suisse (Lausanne) + Singapour~30 000 CHF / anRéférence mondiale n°1 hospitality, fondée en 1893
Glion Institute of Higher EducationSuisse (Glion, Bulle) + Royaume-Uni (Londres)~28 000 CHF / anMention "Luxury Brand Management", proche des palaces
Les RochesSuisse (Crans-Montana) + Espagne (Marbella)~28 000 CHF / anBachelor 3,5 ans, parcours entrepreneuriat hôtelier
Vatel33 campus mondiaux dont 8 en France~9 000 à 12 000 € / anTarifs accessibles, présence française forte

L'EHL Lausanne est régulièrement classée première école d'hôtellerie au monde par les classements QS et le ranking Hospitality Net. Fondée en 1893, elle accueille environ 3 800 étudiants. Son admission est sélective (entretien, dossier, niveau d'anglais minimum B2-C1) et son Bachelor of Science in International Hospitality Management dure 3,5 ans, dont deux semestres de stages.

Glion et Les Roches, toutes deux suisses, appartiennent au même groupe (Sommet Education). Leur force : un réseau d'anciens dans les directions des grands groupes hôteliers (Accor, Marriott, Hilton, Four Seasons, Mandarin Oriental). Glion a la réputation d'être plus orientée "luxury", Les Roches plus orientée "entrepreneurship".

Vatel est le réseau d'écoles d'hôtellerie le plus implanté au monde avec ses 33 campus, dont Paris, Lyon, Bordeaux, Nîmes, Lille, Marseille, Nantes et Tours en France. Son positionnement tarifaire — sensiblement inférieur aux écoles suisses — en fait une voie particulièrement intéressante pour les profils français qui veulent une formation internationale sans s'expatrier. Ses doubles diplômes Bachelor + MBA en 5 ans sont reconnus par l'État (titre RNCP).

Le coût total d'un Bachelor en école suisse avoisine les 100 000 à 130 000 euros sur 3,5 ans en incluant logement, nourriture et uniformes. Des bourses et plans de financement existent (notamment pour les étudiants français résidents en zone frontalière). L'étude en Suisse reste un choix exigeant mais reconnu mondialement.

Ferrandi Paris : la grande école publique gastronomie

Si les écoles internationales forment des managers d'hôtel, Ferrandi Paris forme depuis 1920 les chefs et pâtissiers qui font rayonner la gastronomie française. L'école, gérée par la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris Île-de-France, est consulaire (elle bénéficie de fonds publics) ce qui la rend nettement plus accessible que les écoles privées. Le coût d'un Bachelor varie de 6 000 à 15 000 euros selon le programme.

Ferrandi propose un spectre complet de formations, du CAP à la Licence pro, en passant par les Bachelors et programmes internationaux. Ses domaines d'enseignement principaux :

  • Boulangerie — CAP, brevet professionnel, formations courtes pour reconversion
  • Pâtisserie — CAP, Bachelor en Pâtisserie, parcours intensifs sur 6 à 9 mois
  • Cuisine — du CAP au Bachelor "Arts Culinaires", Bachelor International en anglais
  • Management de Restaurant — Bachelor en management F&B, complémentaire aux écoles d'hôtellerie
  • Arts de la Table et du Service — formation pour maîtres d'hôtel et sommeliers
  • Bachelor International — programme en anglais, ouvert aux étudiants étrangers

L'une des particularités de Ferrandi est que les élèves cuisinent vraiment dans les cantines parisiennes. L'école gère plusieurs restaurants pédagogiques ouverts au public (Le 28, le restaurant gastronomique de l'école), où les étudiants assurent service et cuisine sous l'œil de chefs étoilés. C'est une expérience formatrice unique : on n'apprend pas seulement la technique, on apprend la pression d'un vrai service.

Le réseau des anciens de Ferrandi est l'un des plus puissants de France : on y trouve des chefs trois étoiles, des MOF (Meilleurs Ouvriers de France), des dirigeants de groupes de restauration, des entrepreneurs qui ont monté leurs propres maisons. Les recruteurs français — palaces, étoilés, traiteurs de luxe, groupes hôteliers — placent souvent Ferrandi parmi leurs viviers prioritaires.

L'admission se fait sur dossier et entretien de motivation. Pour les Bachelors, un bon niveau de bac (général, STHR ou pro) est exigé, ainsi qu'une réelle passion démontrée par des stages, jobs d'été ou expériences en cuisine. Voir notre guide lettre de motivation Parcoursup pour préparer ton dossier.

Les métiers de l'hôtellerie-restauration

Le secteur regroupe une trentaine de métiers très différents les uns des autres. Voici les principaux, regroupés par grandes familles, pour t'aider à identifier celui qui correspond à ton profil.

Côté cuisine

Chef de cuisine — pilote la brigade, élabore la carte, contrôle les coûts matière. Salaire : 3 500 à 7 000 euros brut/mois en restaurant traditionnel, jusqu'à 15 000 euros et plus dans un étoilé ou un palace.

Chef pâtissier — conçoit la carte des desserts, gère son équipe, signe sa pâtisserie. Carrière souvent croisée avec les concours (Coupe du Monde de la Pâtisserie, MOF).

Sommelier — expert des vins et des accords mets-vins. Travaille en restaurants étoilés, palaces, ou comme caviste/consultant. Métier très technique qui demande au moins un bac pro CSR + mention complémentaire sommellerie.

Côté salle et service

Maître d'hôtel — orchestre la salle, accueille les clients, supervise les serveurs. Métier de représentation, où le sens du contact et la connaissance des codes du luxe sont essentiels.

Banqueting Manager — gère les événements (mariages, séminaires, galas) dans les hôtels et restaurants. Profil organisateur et commercial.

Côté hébergement

Réceptionniste — premier contact du client, gère check-in/check-out, réservations, demandes spéciales. Souvent un point d'entrée dans le métier après un BTS Tourisme ou MHR.

Gouvernante — supervise les femmes/valets de chambre, garantit la qualité des étages. Métier exigeant, central dans les hôtels haut de gamme.

Concierge palace — référent du client VIP, organise tout (réservations, transferts, expériences sur-mesure). Membre de l'association internationale "Les Clefs d'Or" pour les meilleurs.

Côté management et stratégie

Directeur d'hôtel — pilote l'établissement, P&L, équipes, qualité. Salaire : 4 000 à 12 000 euros en hôtellerie classique, 80 000 à 200 000 euros annuels dans les palaces internationaux.

Revenue Manager — optimise les prix et le taux d'occupation grâce à l'analyse de données. Métier hyper recherché, à l'intersection entre hôtellerie et data.

F&B Manager (Food & Beverage) — pilote la stratégie restauration et bar de l'hôtel, gère cartes, fournisseurs, équipes.

Pour aller plus loin sur les choix de métiers, voir notre guide quel métier choisir et notre guide métiers pour qui aime voyager.

Hôtellerie de luxe : palaces, golden flag, marques 5*

L'hôtellerie de luxe est un univers à part. En France, le label "Palace" est attribué par Atout France à seulement 31 établissements (au 1er janvier 2026), dont 12 à Paris. C'est un cercle très fermé, où les standards de service, les ratios employés/chambre et les exigences de recrutement sont incomparables au reste du parc hôtelier.

Les groupes et marques de référence

Four Seasons (George V à Paris) — chaîne canadienne, considérée comme l'une des références mondiales du service haut de gamme. Recrute massivement en sortie d'EHL, Glion, Les Roches.

Ritz Paris — institution centenaire, place Vendôme. Recrutement très sélectif, école interne pour ses propres collaborateurs.

Le Bristol — Faubourg Saint-Honoré, propriété du groupe Oetker Collection. Réputé pour son cadre intimiste et son restaurant trois étoiles Epicure.

Hôtel de Crillon — Place de la Concorde, géré par Rosewood Hotels. Réouvert en 2017 après quatre ans de rénovation.

Mandarin Oriental Paris — Rue Saint-Honoré, marque hong-kongaise. Excellence du service à l'asiatique appliquée à la culture parisienne.

Park Hyatt Paris-Vendôme — Rue de la Paix, design contemporain signé Ed Tuttle.

Cheval Blanc Paris — sur la Samaritaine, marque LVMH. Le plus récent des palaces parisiens (2021), positionnement Maison française.

Plaza Athénée — Avenue Montaigne, Dorchester Collection. Restaurant Alain Ducasse trois étoiles.

Les programmes "Starters" et trajectoires jeunes diplômés

La plupart des grands groupes hôteliers (Accor, Marriott, Four Seasons, Hyatt, Hilton, Mandarin Oriental, IHG) proposent des programmes "starters" ou "graduate trainee" destinés aux jeunes diplômés Bachelor ou Master en hospitality management. Ces programmes durent 12 à 24 mois, font tourner le diplômé dans plusieurs services (front office, F&B, housekeeping, sales) et débouchent typiquement sur un poste d'assistant manager.

Le programme Accor Heartist, le Hilton Elevator ou les programmes Marriott Voyage sont parmi les plus reconnus. Ils sont très sélectifs : on attend en général un Bachelor d'une école d'hôtellerie reconnue, deux ou trois langues, et au moins une expérience de stage long en hôtellerie.

La progression est rapide pour les profils sérieux : 5 à 8 ans après le diplôme, il n'est pas rare de devenir adjoint puis directeur d'un hôtel 4 ou 5 étoiles, surtout si l'on accepte la mobilité internationale (Asie, Moyen-Orient, Afrique). Le secteur du luxe à Dubaï, Doha, Macao, Singapour et Hong Kong reste un eldorado pour les diplômés français.

Quelles spécialités au lycée pour l'hôtellerie ?

Si tu vises une formation en hôtellerie-restauration après le bac, plusieurs voies de lycée sont pertinentes selon ton projet. Trois grands cas de figure se distinguent.

Cas n°1 : tu vises CAP, Bac Pro ou BTS technique

La voie professionnelle est la plus directe. Après la 3ème, tu peux entrer en CAP Cuisine, CAP Commercialisation et Services en Restauration (CSR), ou en Bac Pro Cuisine ou Bac Pro CSR. Ces formations forment des professionnels opérationnels en 2 ou 3 ans, avec une immersion immédiate en stage et alternance. C'est aussi un excellent tremplin vers un BTS ou une école pour ceux qui veulent ensuite monter en compétence.

Cas n°2 : tu vises BTS MHR ou école d'hôtellerie

Le Bac STHR (Sciences et Technologies de l'Hôtellerie et de la Restauration) est la voie royale. Il combine matières générales (français, maths, anglais, deuxième langue), enseignements scientifiques (Sciences et Technologies des Services), et enseignements technologiques pratiques (économie et gestion hôtelière, sciences et technologies culinaires, sciences et technologies des services en hôtellerie-restauration). Les élèves font des stages dès la 1ère et acquièrent une vraie culture du métier.

Toutes les écoles d'hôtellerie françaises (Médéric, Vatel, Ferrandi, ESHRC) reconnaissent et valorisent le bac STHR. Voir notre guide complet sur les spécialités du bac technologique pour comparer avec STMG, ST2S et autres voies.

Cas n°3 : tu vises une grande école internationale (EHL, Glion, Les Roches)

Les écoles suisses recrutent à bac général. Les profils les plus pertinents associent SES + Mathématiques (pour le management et la finance) avec une spécialité langue (LLCE Anglais, ou un bon niveau d'anglais validé par un certificat IELTS/TOEFL). La spécialité HGGSP est aussi appréciée pour sa dimension internationale et géopolitique. La filière HLP peut convenir si tu vises plutôt le côté "expérience client" et hospitality storytelling.

Dans tous les cas, les langues étrangères sont déterminantes. L'anglais est un minimum vital (niveau B2 attendu en sortie de lycée). L'espagnol et l'allemand sont valorisés en hôtellerie européenne, le mandarin et l'arabe ouvrent les portes des marchés asiatiques et moyen-orientaux qui rémunèrent le mieux.

Pour t'aider à valider ton choix, fais un quiz d'orientation qui croisera ton profil avec les voies hôtellerie correspondantes.

Salaires + carrière hôtellerie-restauration

Les salaires en hôtellerie-restauration ont longtemps été décriés. La crise post-Covid a changé la donne : les grilles ont été revalorisées, les pourboires sont mieux distribués, et les avantages en nature (logement, repas, assurances santé) restent significatifs. Voici un panorama réaliste, pour des postes en France métropolitaine.

MétierSalaire débutant brut/moisConfirmé / palace ou étoilé
Commis de cuisine1 800 à 2 200 €2 200 à 2 800 €
Chef de partie2 200 à 2 800 €3 000 à 4 500 € (palace)
Sous-chef2 800 à 3 500 €4 500 à 7 000 € (étoilé)
Chef de cuisine3 500 à 5 000 €7 000 à 15 000 €+ (étoilé)
Chef pâtissier3 000 à 4 500 €6 000 à 12 000 € (palace)
Sommelier2 200 à 3 000 €4 000 à 8 000 € (étoilé)
Réceptionniste1 700 à 2 200 €2 800 à 4 000 € (palace)
Chef de réception2 500 à 3 200 €4 500 à 6 500 €
Maître d'hôtel2 200 à 2 800 €4 000 à 7 000 € + pourboires (étoilé)
Revenue Manager2 800 à 3 800 €5 000 à 9 000 € (groupe international)
Directeur d'hôtel4 000 à 6 000 €8 000 à 12 000 € (5* indépendant)
Directeur de palace80 000 à 200 000 € annuels (palace international)

Plusieurs facteurs amplifient ces fourchettes : la localisation (Paris/Côte d'Azur/Genève paient mieux, Dubaï et Singapour explosent les barèmes), la mention "palace" ou "étoilé", la maîtrise des langues (un trilingue français/anglais/mandarin est rémunéré 20 à 30 % au-dessus du marché), et l'expérience internationale.

L'autre volet, souvent oublié, est celui des avantages en nature. Dans les palaces, le personnel est nourri (deux repas par service), parfois logé (résidences pour saisonniers en station, logements de fonction pour managers), bénéficie d'une mutuelle premium, de tarifs préférentiels dans les hôtels du groupe (parfois jusqu'à 80 % de réduction), et de pourboires partagés qui peuvent représenter 200 à 800 euros mensuels en restauration haut de gamme.

Côté carrière, l'hôtellerie offre l'une des progressions les plus rapides du secteur tertiaire pour les profils mobiles et engagés. Une trajectoire type : Bachelor en école hôtelière à 21 ans, programme starter à 22-24 ans, assistant manager à 25-27 ans, manager de service à 28-32 ans, directeur adjoint à 33-37 ans, directeur général à 38-45 ans. Pour comparer avec d'autres secteurs, voir notre guide métiers qui recrutent. Pour le détail de l'apprentissage en hôtellerie (CAP, Bac pro, BTS MHR), lis notre guide apprentissage hôtellerie-restauration. Et si tu hésites avec une voie management business, regarde notre pilier études commerce et marketing.

Comment savoir si l'hôtellerie est faite pour toi

L'hôtellerie-restauration séduit par son glamour apparent : les palaces, la gastronomie étoilée, le voyage, la rencontre. Mais c'est aussi un métier très exigeant, qui rebute beaucoup de jeunes diplômés au bout de 2 ou 3 ans. Avant de t'engager, voici les critères honnêtes à passer en revue.

1. La résistance physique

En cuisine comme en salle, on travaille debout 8 à 10 heures par jour, parfois plus. Les coups de feu (services du midi et du soir) sont des moments d'intensité extrême : chaleur, bruit, pression, gestes répétés. En housekeeping, on monte/descend les étages, on porte le linge, on bouge en permanence. Si tu as un dos fragile ou des problèmes articulaires, c'est un vrai sujet à anticiper.

2. La passion du service

Le métier consiste fondamentalement à rendre l'expérience d'autrui parfaite. Si tu es introverti, allergique au contact, ou si l'idée de sourire à quelqu'un qui se plaint t'insupporte, l'hôtellerie va t'épuiser. À l'inverse, si tu adores le contact, si tu prends plaisir à anticiper les besoins des autres, si tu trouves de la satisfaction dans un service bien exécuté — bingo. C'est un métier de don.

3. Les langues

Sans anglais courant (B2 minimum, idéalement C1), tu plafonnes vite. Une troisième langue (espagnol, allemand, italien, mandarin, arabe, russe, japonais) double tes opportunités. Si tu détestes apprendre les langues, c'est un signal à prendre très au sérieux : 90 % des postes au-dessus du SMIC dans le secteur exigent au moins l'anglais.

4. La mobilité internationale

Les meilleures carrières en hôtellerie passent par 2 à 4 expatriations dans les 10 premières années post-diplôme. Dubaï, Bangkok, Singapour, Londres, New York, Genève. Si tu sais déjà que tu veux rester à Lyon ou Bordeaux toute ta vie, c'est ok — mais tu dois savoir que tu plafonneras plus vite que ceux qui acceptent la mobilité.

5. Le rythme atypique

Soirs, week-ends, jours fériés : c'est ton quotidien. Noël, jour de l'An, 14 juillet — ce sont les pics d'activité. Si tu rêves d'un job de bureau du lundi au vendredi 9h-18h, l'hôtellerie n'est pas pour toi. À l'inverse, si tu aimes l'idée d'avoir tes jours off en semaine (musées vides, sorties tranquilles), le rythme peut très bien te convenir.

6. La déconstruction du fantasme MasterChef

Les émissions culinaires donnent une image glamour du métier. La réalité de la cuisine, surtout en début de carrière, c'est : 11h-15h puis 18h-minuit, 50 à 60 heures par semaine, des coupures longues, un salaire modeste les premières années, des chefs parfois durs, des conditions parfois difficiles. La passion pure compte plus que l'idée romantique du métier. Demande-toi : est-ce que je suis capable de faire ça pendant 3 ans avant de pouvoir choisir ?

Si tu coches au moins 4 critères sur 6, l'hôtellerie a de fortes chances de te correspondre. Si tu hésites encore, fais le quiz d'orientation Fox'Up qui croisera ton profil avec une base de 1 200 métiers — et qui te dira si l'hôtellerie ressort dans ton top 10. Tu peux aussi explorer notre guide des études informatique ou notre guide des études de santé pour comparer avec d'autres voies.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre BTS MHR et Bachelor en école d'hôtellerie ?
Le BTS MHR (Management en Hôtellerie-Restauration) dure 2 ans, est gratuit (en lycée public), accessible en alternance, et forme à des postes opérationnels intermédiaires (chef de rang, adjoint manager, réceptionniste senior). Le Bachelor en école d'hôtellerie dure 3 ans, est payant (5 000 à 30 000 € / an selon l'école), inclut des stages internationaux et un enseignement en anglais, et forme à des postes de management (directeur adjoint, F&B manager, revenue manager). Le BTS est un excellent tremplin pour qui veut entrer rapidement dans le métier ; le Bachelor est l'option à privilégier si tu vises directement le management ou l'international.
Faut-il avoir fait le bac STHR pour entrer en école d'hôtellerie ?
Non, pas du tout. Le bac STHR est un atout pour le BTS MHR et certaines écoles françaises (Vatel, Médéric, Ferrandi), car il prépare techniquement au métier. Mais les grandes écoles internationales (EHL, Glion, Les Roches) recrutent majoritairement des bacheliers généraux, avec un bon niveau d'anglais et un dossier de motivation solide. Un bac général ES/SES + maths reste une excellente base pour viser ces écoles.
Combien coûte vraiment une école d'hôtellerie internationale (EHL, Glion, Les Roches) ?
Pour un Bachelor de 3 à 3,5 ans, le coût total — frais de scolarité + logement + repas + uniformes + matériel — se situe entre 100 000 et 130 000 euros. Vatel est sensiblement moins chère (40 000 à 60 000 € pour un Bachelor de 3 ans). Des bourses existent (notamment pour les étudiants étrangers et frontaliers), et certaines écoles proposent des plans de financement étalés sur plusieurs années. Voir aussi notre guide du coût des études.
Quels métiers de l'hôtellerie paient le mieux ?
Trois métiers se détachent. 1) Directeur de palace (80 000 à 200 000 € annuels, plus avantages en nature). 2) Chef de cuisine étoilé Michelin (jusqu'à 15 000 € + part variable + intéressement). 3) Revenue Manager dans un grand groupe hôtelier international (5 000 à 9 000 € / mois, avec bonus). Les métiers data-orientés et trilingues sont actuellement les plus recherchés, devant les postes opérationnels classiques.
L'hôtellerie recrute-t-elle vraiment ? Le secteur ne va-t-il pas mal ?
Au contraire, le secteur est en très forte tension de recrutement. L'UMIH estime à environ 200 000 le nombre de postes non pourvus chaque année. La crise post-Covid a vu 250 000 professionnels quitter durablement le métier. Pour un jeune diplômé d'école d'hôtellerie ou de BTS MHR, l'offre dépasse largement la demande. C'est l'une des rares filières où trouver un premier emploi en 1 mois post-diplôme est réaliste, à condition d'être mobile.
Peut-on faire l'hôtellerie en alternance ?
Oui, et c'est même fortement recommandé. La quasi-totalité des CAP, Bacs Pro, BTS MHR et BTS Tourisme se font en alternance. Plusieurs écoles privées (Ferrandi, Vatel) proposent aussi des Bachelors en alternance. L'alternance permet de financer ses études (salaire de 600 à 1 800 € / mois selon âge et année), d'acquérir une expérience valorisée à l'embauche, et de constituer un réseau. Voir notre guide apprentissage hôtellerie pour les détails.
Quelles langues étrangères sont les plus utiles en hôtellerie ?
L'anglais est obligatoire (niveau B2 minimum, C1 recommandé pour le management). En 2ème langue, l'espagnol est excellent pour l'Europe et l'Amérique latine. L'allemand ouvre la Suisse et l'Autriche. Le mandarin, l'arabe, le russe et le japonais sont les plus rémunérateurs : ils donnent accès aux marchés asiatiques et moyen-orientaux qui paient 30 à 50 % au-dessus de la France pour un même poste. L'idéal en sortie d'école : trois langues opérationnelles.

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