Comment devenir Électromécanicien en Remontées Mécaniques ?
L'électromécanicien en remontées mécaniques est le technicien de l'ombre qui garantit chaque jour le bon fonctionnement et la sécurité des télésièges, télécabines, télémixtes, télébennes, téléskis et tapis roulants des stations de sports d'hiver. Polyvalent par essence, il intervient sur l'ensemble des composants mécaniques (poulies, câbles, balanciers, pinces débrayables, freins de service et de sécurité, vérins hydrauliques) et électriques (variateurs, automates Siemens ou Schneider, moteurs synchrones, capteurs de tension de câble, freins électromagnétiques) qui équipent ces installations. Sa mission est triple : maintenance préventive (graissage, contrôles, magnétoscopies), maintenance curative (dépannage rapide en cas d'arrêt) et maintenance lourde (Grande Inspection Annuelle, changement de pièces majeures).
En 2026, la France compte environ 3 000 remontées mécaniques actives sur 250 stations, exploitées par 220 entreprises selon Domaines Skiables de France (DSF). Le code ROME associé est I1304 — Installation et maintenance d'équipements industriels et d'exploitation, avec passerelle vers F1606 (câblage électrique). Le secteur emploie près de 4 500 électromécaniciens permanents et saisonniers, dont la grande majorité sont concentrés dans les Alpes et les Pyrénées. La convention collective applicable est celle des Téléphériques et Engins de Remontées Mécaniques (IDCC 0454), qui prévoit une grille salariale spécifique avec primes d'altitude, de saisonnalité et d'astreinte.
Au quotidien, l'électromécanicien commence sa journée à 6h30 par les essais à vide de ses appareils : test des freins de service et de sécurité, vérification des asservissements, contrôle visuel des cabines et sièges, lubrification des galets et poulies. Pendant la journée d'exploitation, il assure une astreinte permanente : à la moindre alerte (pince qui force, vibration anormale, défaut électrique), il intervient en gare ou en ligne (parfois suspendu sous un télésiège dans le froid). En intersaison (octobre-novembre, mai-juin), il participe aux Grandes Inspections Annuelles (GIA) : démontage des poulies, magnétoscopie du câble porteur-tracteur, changement des pinces débrayables, contrôle des balanciers, mises à jour des automates.
Le métier offre de belles perspectives d'évolution : électromécanicien confirmé (multi-appareils), chef de secteur (encadrement de 3 à 5 appareils), chef d'exploitation après habilitation STRMTG, expert technique chez les constructeurs (Doppelmayr, Leitner-Poma, Bartholet) ou consultant. Avec le renouvellement massif du parc français (plus de 250 nouveaux appareils prévus d'ici 2030 selon DSF) et les besoins de modernisation lié au plan France 2030, c'est un secteur qui recrute en continu et qui valorise largement la technicité et la passion pour la haute montagne. Les compétences de l'électromécanicien en remontées sont également transférables vers l'éolien, l'hydroélectricité et l'industrie de pointe, ce qui ouvre des perspectives de mobilité interne remarquables, notamment via les grandes compagnies de domaines skiables (Compagnie des Alpes, S3V, SATA) qui financent les formations continues et l'obtention de l'habilitation STRMTG.
Salaire
25k - 42k € brut annuel
Niveau d'études : Bac Pro à BTS · Durée : 3 à 4 ans
Missions principales
- Réaliser la maintenance préventive des remontées mécaniques (graissage, contrôles visuels, essais à vide)
- Diagnostiquer et dépanner les pannes mécaniques, électriques, hydrauliques et automatismes
- Effectuer les essais quotidiens de mise en service (freins, asservissements, sécurités)
- Participer aux Grandes Inspections Annuelles (GIA) et visites quinquennales
- Magnétoscoper et contrôler les câbles porteurs-tracteurs
- Démonter, contrôler et remonter les pinces débrayables des télésièges TSD et télécabines
- Lubrifier les poulies, balanciers, galets selon les plans de graissage constructeur
- Intervenir en ligne sous télésiège pour réparations urgentes (avec EPI antichute)
- Programmer et paramétrer les automates (Siemens S7, Schneider Modicon, Allen Bradley)
- Tenir à jour le carnet de bord et la GMAO (Carl, Coswin, Mobility Work)
- Former et accompagner les saisonniers conducteurs sur les procédures de sécurité
- Participer aux exercices d'évacuation et de secours en ligne
Compétences requises
- Mécanique des transmissions, paliers, poulies, câbles d'acier
- Électrotechnique : moteurs asynchrones et synchrones, variateurs de fréquence
- Hydraulique industrielle (freins, vérins, centrales hydrauliques)
- Automatismes : Siemens S7-300/1500, Schneider Modicon, TIA Portal
- Magnétoscopie des câbles (contrôle non destructif)
- Lecture de plans mécaniques, électriques, hydrauliques, schémas constructeurs
- Connaissance approfondie des constructeurs (Doppelmayr, Leitner-Poma, Bartholet)
- Réglementation STRMTG (arrêté du 7 août 2009) et procédures sécurité
- Travail en hauteur et port d'EPI antichute (formation obligatoire)
- Habilitations électriques (B1V/B2V/BR/BC) et hydraulique
- Utilisation de la GMAO (Carl, Coswin, Mobility Work)
- Soudure TIG/MIG pour réparations structurelles
- Anglais technique pour échanges constructeurs
Formations pour devenir Électromécanicien en Remontées Mécaniques
- DEUST Maintenance des Remontées Mécaniques — Université Savoie Mont Blanc, IUT Chambéry-Annecy
- Bac Pro Maintenance des Équipements Industriels (MEI) — voie d'entrée principale
- BTS Maintenance des Systèmes option C — Systèmes éoliens et remontées mécaniques
- BTS Électrotechnique avec spécialisation montagne — lycées de Savoie et Hautes-Alpes
- Licence Pro Maintenance Industrielle parcours Remontées Mécaniques (USMB)
- Formation AFPA Bourg-Saint-Maurice — Titre Pro Électromécanicien Remontées Mécaniques
- Formations constructeurs Doppelmayr Academy, Leitner-Poma, Bartholet
- Habilitations complémentaires : électrique B1V/B2V, travail en hauteur, SST
Secteurs qui recrutent
- Compagnie des Alpes (Tignes, Val d'Isère, Les Arcs, La Plagne, Méribel, Les Menuires)
- Société des Trois Vallées — S3V (Courchevel, Méribel)
- SATA Group (Alpe d'Huez, Deux Alpes)
- Domaines Skiables de France (DSF — fédération)
- ESF — partenaires opérationnels
- Doppelmayr-Garaventa (constructeur autrichien, leader mondial)
- Leitner-Poma (constructeur franco-italien)
- Bartholet (constructeur suisse)
- STRMTG (Service Technique de l'État)
- Stations indépendantes (Avoriaz, Megève, Val Thorens, Chamonix Mont-Blanc)
Évolution de carrière
L'électromécanicien débute comme ouvrier qualifié au coefficient OQ1-OQ2 de la CCN Téléphériques (IDCC 0454), avec une rémunération de 25 000 à 30 000 € brut/an selon la station et la saison. Après 3 à 5 ans d'expérience, il devient électromécanicien confirmé (28 000 à 35 000 €), puis chef d'équipe maintenance (32 000 à 42 000 €) en encadrant 3 à 6 mécaniciens. Avec 8 à 10 ans d'expérience et l'obtention de l'habilitation STRMTG, il peut accéder au poste de chef d'exploitation (38 000 à 60 000 €), puis directeur d'exploitation (60 000 à 90 000 €). Les passerelles existent vers les constructeurs (technicien SAV chez Doppelmayr, Leitner-Poma) avec déplacements internationaux, vers l'expertise STRMTG, ou vers le bureau de contrôle (Bureau Veritas, Apave). Certains se reconvertissent dans l'éolien (compétences proches : mécanique, hydraulique, automate, travail en hauteur).
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